La seul chose vraiment planifié pendant ce voyage est le trek dans le parc national Torres del Paine. Devant la fréquentation du parc il faut réserver ces places de campings longtemps en avance et en décembre j’avais planifié le tour appelé circuit O en 5/6j. Je n’avais pas vraiment été dans les détails des etapes, du nombre de Km ou de dénivelé, je m’étais basé sur un blog et ça m’avait semblé réaliste. Ça l’a été mais il n’a pas fallu chômé (après coup j’ai vu que le circuit faisait 120km).
J’ai rejoint le parc en bus le 14 après midi, il se trouve à 100-150km de puerto natales. Après s’être acquitté d’un permis pour randonner plus de 3j à 35 000 pesos et un navette de bus payante (non obligatoire, 3000 pesos pour 7km de pampa sans intérêt) pour arriver au départ du trek, j’ai pu commencer mes 10-13 premiers km. Peu de dénivelé mais, comme sur le ripio, ça monte et ça descend souvent. J’arrive en 2h au camping oú des douches chaudes sont au rendez vous et les possibilités de camper sont vastes, on peut se mettre où on veut.

Le lendemain je dois aller au camping los perros, presque 30km plus loin. Je ne dois pas traîner car les portions de parcours ferment à certaines heures pour éviter de randonner la nuit ou de devoir poser le bivouac en dehors des zones prévues. Le paysage est d’abord constitué de pampa vallonnée. On marche sur les contreforts du massif des Torres sans les apercevoir puis on se rapproche du campo hielo sur, la calotte glacière du sud du chili qui jouxte le parc. Le vent n’a pas cessé de souffler depuis que je suis parti et à travers la pluie, j’aperçois une coulée glacière du glacier dickson.


Puis juste avant d’arriver au camping los perros un beau glacier fait son apparition.

Je réalise que j’ai fait 1 étape en 2 mais aussi que je n’ai pas assez de nourriture. Je vais devoir acheter un paquet de pâte et taper dans les réserves maigrement faite pendant la croisière.
Le lendemain la section la plus haute avec le col de John Gardner, à 1240m, impose de partir avant 8h. Il a plu pendant la nuit et en partant ça se calme tout juste au profit du vent. Il souffle tellement fort au col que je dois m’arrêter et me courber pour laisser passer les bourrasques et éviter de tomber. Le froid est accentué mais pas question de s’arrêter pour s’habiller, ce serait impossible, tout s’envolerait. Je descend au plus vite et à la lisière des arbres je peux contempler le glacier Grey.



Sans plus attendre je dois continuer en le longeant pour atteindre le camping du même nom. Cela rejoint le circuit W et le camping grossi significativement pour ressembler à un camping de festival. Heureusement je ne suis plus dans la pleine saison. L’automne approche avec certains arbres commençant à perdre leur feuille.
Le 17 je ressens le manque de nourriture pour finir l’étape au camping Italiano. Je comptais monter au point de vue britanico dans la vallée Frances mais j’ai pas l’énergie. J’arrive en plus après la fermeture de cette section du parcours. Et chose bizarre il est indiqué que le camping est fermé. Mais il y a du monde. Alors je m’installe sans plus me poser de questions. Je n’ai pas croisé beaucoup de monde aujourd’hui. Pourtant, après le vent d’hier, c’est une agréable et belle journée.

Le 18 je pars après une nuit agitée. Le vent n’a pas arrêté de souffler et même sous les arbres ça brassait. En plus la face ouest d’une montagne se faisait balayer constamment par des avalanches et des chutes de séracs.

Le point de vue britanico dans la vallée frances termine cette excursion par un superbe panorama à presque 360 degré sur de belles parois de granit bruns et de rochers délités noirs.

Puis la pluie est de la partie finissant le travail de sape. Je dois chercher loin les ressources pour continuer à marcher. En arrivant au camping j’apprend, en discutant avec d’autres randonneurs, que le chili a fermé ces frontières et que le parc ferme. Je ne vais pas pouvoir finir le tour par le plus beau: les tours du Paine, 3 tours de granit massives.

Au camping les discussions vont bon train sur y aller ou pas en partant très tôt. C’est ce qui ce produit car, tout le monde s’est donné le mot pour un départ aux aurores sous la Voie lactée. Ca fallait le coup.

En redescendant les gardes du parc indiqueront aux marcheurs de faire demi tour.
La boucle est boucle je suis content d’avoir pu tout voir.

Maintenant il faut affronter le climat bizarre créé par le virus. La Patagonie est désormais aussi touché et l’ambassade conseille de rentrer plutôt. Et c’est tout une aventure.