
Départ pour de la pampa. Ce grand vide sec sans insectes, très peu d’oiseaux, presque sans vie mis à part les guanacos et les nandous.

Pourtant il doit y en avoir de la vie car de temps à temps une estancia apparaît au milieu nul part, isolé. J’imagine qu’à un moment de la saison tout ceci doit être vert pour que les bêtes des estancias se nourrissent d’autres choses de mais ou de soja ogm. L’argentine est un très gros producteur et on en trouve dans beaucoup de produit manufacturés biscuits et autres céréales. La vie des hommes ici avec les chevaux, vaches et moutons doit être bien particulières. A priori les propriétaires n’habitent pas ici et ce n’est que des exploitants qui travaillent dans ces estancias aidé de peones, les petites mains à tous faire mais fière de leur indépendance et de leur liberté dans ces espaces.
Les exploitations font parfois plusieurs milliers d’hectares et peuvent compter des milliers de bêtes, moutons et vaches. Les clôtures à 7 fils galvanisé peuvent coûter plus cher que le terrain pour protéger le bétail. Je vois ces clôtures depuis le début et pour un cycliste en quête d’un bivouac elles sont impénétrables.
Bientôt la route entame une longue côte de 20km. Interminable sous le soleil même si elle est régulière.
La vue sur le chemin parcouru est époustouflant depuis la haut.

Toujours pas de vent quoi qu’en haut un léger vent parfois de côté, parfois de l’arrière pousse et fait gagner des km jusqu’à arriver à une station AGVP, la dde local. Il offre un abri protéger du vent, de l’eau et même du wifi. Tout ceci gratuit que demander de plus?!

Cette station est bénéfique car le lendemain m’attend 60-70km de ripio. Départ 7h pour partir avant un vent annoncé sur le côté.
Le ripio se révèle le plus immonde du parcours. Aussi dur que celui de la vallée exploradores en plus long avec pleins de pierres apparentes qui t’empêche d’avancer même en descente.

Et pourtant dans une zone moins aride je vois des flamants roses.

Au terme de celui ci et de 5h de vélo je rejoins la route et me trouve un abri.

Le 4 je pars tout aussi tôt pour la frontière. D’abord 40km de goudron avec de la pluie pour m’accompagner suivi de 6km de descente en ripio. Le passage frontière Don Guillermo (je devais être destiné à le passer avec ce nom) franchie sans trop de formalités je le trouve un coin abrité de la pluie à Cerro Castillo, de nouveau au Chili sous la pluie. C’est récurrent.

Mais s’en suit un beau soleil pour finir à Puerto Natales au terme de 115km parcouru dans cette journée.

Toujours surpris d’arriver dans une ville (pleins de resto, de magasins, de voitures, une ville en soi) surtout quand celle ci est aussi tournée vers le tourisme, principalement celui du parc de Torres del Paine, et que je viens de la pampa profonde. Pour pouvoir y faire un trek de plusieurs jours il faut réserver les campings quelques mois en avance.Et je les ai réservé à partir du 14 mars. Donc j’ai du temps. Que faire ? Ushuaia n’est plus très loin maintenant…