De cochrane à villa O’higgins – la dernière ligne « droite » de la carretera austral – du 11/02 au 15/02)

Après ce formidable bivouac où même les moustiques m’ont aidés en faisant fuir les chiliens prêt pour la fête au bord du lac, je me lance pour 50-55km de ripio. Je n’aurais jamais mangé autant de poussière que sur cette portion. Il n’a pas plu depuis longtemps ici. Pourtant 40km plus tard une grande descente marque l’arrivé de la pluie.

En chemin je fais la rencontre d’un cycliste allemand qui me parle d’une maison vendant de la confiture local. De quoi d’alourdir le vélo (en même temps je n’ai pris que 200g de confiture) mais aussi de changer du quotidien.

Vers 55km l’allemand continue alors que je me trouve un coup de bivouac. La pluie est maintenant bien présente bouchant le paysage. Mais il n’y a pas de vent. Bivouac sauvage humide.

Le 12 l’interrogation du jour est d’aller ou non à Tortel. C’est un village de bûcherons bâtis en 1955, relié à la route en 2003, sur les rives du rio Baker et d’un fjord. Il a la particularité d’être sans rue. Il n’y a que des passerelles reliant les différentes maisons construitent dans la pente. Ça induit 40km de détour et, d’après d’autres cyclistes, pas des plus beaux.
La pluie s’arrête et le paysage de tourbières s’étend avec toujours des glaciers sur les montagnes.
La séparation pour aller à Tortel se profile et sans trop réfléchir je m’y lance. Va pour le détour. Je me trouve un spot de bivouac au dessus du Rio Baker à quelques km de Tortel après une autre journée classique de 55km et 6-7h de vélo.

Le paysage entre 2 radées
Le paysage de tourbières traversées
Le bivouac avant Tortel

Le 13, j’avale vite les km pour aller à ce fameux village non sans revoir des cyclistes croisés précédemment. On s’échange les infos sur les uns et les autres, vues avant ou après, ça fait un peu radio carretera austral maintenant. Ça remplace internet.

Je reste 2-3h à Tortel qui ne m’emballe pas vraiment et je continue vers Puerto Yungay.

Tortel et ses passerelles (et ses chiens errants)
Vue général de Tortel

À Puerto Yungay, il y a un ferry gratuit à prendre pour faire la dernière section de la carretera austral et finir à villa O’Higgins.

Le paysage au col

Un gros col bien raide me casse les jambes. Surtout que je me dis que d’attraper le dernier ferry de 18h serait bien. Une longue descente tout aussi raide termine cette étape.
Tout est en ripio bien sûr. Je prend un peu trop de vitesse à mon goût. Me trouvant sur la trace de gauche, je me dirige vers la bande central quand ma roue avant dérape. Je rattrape le coup, me dirige vers le fossé, rattrape encore le coup mais la vitesse aidant je perd l’adhérence sur la bande central.
Je tombe sur la droite et percute le sol. Je sens le gravier sur la joue et sur le casque. Tout s’arrête sauf la roue arrière qui continue de tourner. Je sens ma jambe droite engourdie et un rapide vérification fait état que d’une blessure superficielle au genoux droit. Par contre le vélo a ramassé. Le guidon côté droit est plus haut de quelques cm que le côté gauche, la pedale droite est un peu enfoncé, et la sacoche arrière droite a les fixations arrachées. J’ai eu de la chance!
Je me panse, met 2 serres flex pour la sacoche et je continue.
Une fois à Puerto Yungay, je vois le ferry au loin. J’aurais raté le ferry de 10min.

Avant la chute

2 cyclistes suisses mutants font leur apparition. Ils font 120km jour. Ils sont partis depuis 10j. On investit un abri couvert pour passer la nuit. On sera pas seul car les chiliens, en voiture, n’ont pas du voir les 3 panneaux indiquant les horaires des bateaux. 1, 2 puis 4-5 voitures pleines arrivent jusqu’à 21h avec la question: « -quand est le prochain ferry? -Demain. -Ah bon? »


On va imposer le rythme cycliste, coucher et lever tôt, dans cet abri. On réveillera tous le monde tôt (7h30 semble tôt ici) pensant prendre un ferry de ravitaillement plus tôt qu’annoncer. Ferry qui ne viendra pas.

Le ferry depuis Puerto Yungay – simple hameau

Après la traversée je recroise la famille française avec leurs jeunes enfants. Les infos quelque peu alarmantes des bateaux à villa O’higgins pour rejoindre l’Argentine se font jour.
Il y a d’abord un lac chilien à traverser qui peut être sujet à interruption si mauvaise météo. Il y a 3 compagnies qui peuvent faire la traversée.
Puis il y a 16km de vélo à faire en côte suivit de 6km de rando velo. On arrive côté argentin. Un autre bateau travers le lac disierto pour faire 37km de mauvais ripio avant El Chalten, village capital de la grimpe en Patagonie.

Les infos indiquent que la police maritime bloque l’accès à cause la mauvaise météo et les 3 bateaux ont un problème mécanique. Il n’y a pas beaucoup d’autres options qui n’induisent pas un gros détour.
Je continue. Les derniers 100km avant de finir cette carretera austral.
Après 3 cols et 54km qui me laissent exsangue, j’arrive sans jus dans un abri. 2 chiliens occupent déjà la lieu. Plus tard 3autres personnes arrivent. On sera bien serré cette nuit mais à l’abri, le vent faisant tremblé les murs avec la pluie. En tente ça aurait été quelque chose.

Le vent n’est pas une légende dans cette portion aux 3cols

Le 15 est plus cool avec seulement 50km de « plat ». A chaque petites côte je crois que c’est la dernière mais une autre arrive entrecoupé de plat et de pluie. Comme un clin d’œil au départ il y a 1500km et un mois et demi de ça.

J’ai fini la carretera austral me voilà à villa O’Higgins, un gros jalon dans ce voyage!

J’aurais fait un peu plus avec les détours
En gros le tracé réalisé

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